vendredi 15 février 2013

"Zazie dans le métro", un classique à redécouvrir en BD


Zazie dans le métro, je ne connaissais pas du tout.
Aucune idée de ce dont ça pouvait bien parler, à part de Zazie et du métro. Et je n'étais pas partie pour  combler lacune littéraire. Vous me direz, on ne peut pas tout lire.
Seulement, c'était avant que je découvre Clément Oubrerie.
En bonne fan du monsieur que je suis devenue, il n'a pas fallu longtemps pour me laisser tenter par sa Zazie à lui.

Une Zazie qui est tout à fait fidèle à la jeune héroïne de Queneau si on se fie à quelques avis que j'ai trouvés sur le net.


Zazie, petite provinciale délurée, qui ponctue toutes ses phrases par des "mon cul", débarque à Paris pour le week-end, remise par sa mère, qui a un rendez-vous galant, aux bons soins de son oncle, Gabriel et de sa femme Marceline. Étonnant tonton, qui a le gabarit d'une armoire à glace mais qui, la nuit venue, se grime en Gabriella pour danser dans un cabaret. Zazie n'a qu'une envie, aller dans le métro mais pas d'bol, il est en grève. Du coup, du métro, elle verra nada, et le rapport avec le titre s'arrête là, mais elle ne va pas s'ennuyer pour autant avec la galerie de personnages pittoresques qui va l'entourer pour ce week-end qui va filer à cent à l'heure.
J'arrête là le résumé de l'histoire de ce classique de Raymond Queneau. Si vous en voulez plus, une petite recherche google et vous serez servis.
Et heureusement, que les résumés détaillés de l'ouvrage existent.

En effet, si je n'avais pas eu des résumés de l'œuvre à portée de main, je n'aurais pas forcément bien capté le petit coup de théâtre de la fin. Le coup de la Marceline qui s'est transformée en Marcel et qui vient sauver ses petits copains par un tour de passe-passe (pas super bien rendu) en les aidant à se carapater via un monte-charge par les souterrains... on comprend peut-être mieux dans le roman mais en dessin, pour qui ne connaît pas l'histoire avant, c'est nettement moins évident. De Marcel, qui est en fait Marceline, on ne voit qu'une ombre du personnage, ou un gant au bout d'un bras, quand il est dans le métro et quand il raccompagne Zazie à la gare. Alors pas sûr qu'avec juste le prénom de Marcel, on fasse le rapprochement avec Marceline.

Dans Zazie et le métro de Raymond Queneau, il est question d'homosexualité. D'"hormosessualité" comme dit Zazie avec son parler et sa gouaille bien à elle. La petite peste n'a de cesse de demander des explications à son tonton quant à la signification de ce mot, dont elle entend plusieurs fois Gabriel se faire taxer.


Elle n'obtiendra pas vraiment d'explication et repartira un peu chamboulée chez elle, par toutes les aventures trépidantes qui sont survenues durant son week-end.
Quand sa mère lui demande à la fin ce qu'elle a fait à Paris, elle répond qu'elle a vieilli...


Voilà, grâce à une BD, j'ai découvert une œuvre désormais classique. Je ne sais pas si je lirai un jour le texte de Queneau.

Il reste une question qui me turlupine : Zazie dans le métro est-elle une œuvre pour les plus jeunes ?
Depuis sa parution en 1959, le succès populaire ne s'est pas démenti et il semblerait que le livre a été donné en lecture à de nombreux collégiens, et même avant (pour Folio junior, à partir de 9 ans !).
Si je me fie uniquement au rendu en bande-dessinée, les références à l'homosexualité, et plus largement à une altersexualité, m'ont semblé un sujet bien complexe pour les plus jeunes. Idem, au cours de ma lecture, ayant au départ en tête que j'avais sous les yeux une œuvre pour enfants, j'ai tiqué de nombreuses fois par rapport au langage, parfois ordurier (la "petite salope" p. 6 et 10, glups), à la violence de certaines scènes, à l'attitude de Zazie elle-même, qui crie "au satyre" à tout bout de champ dès qu'un homme l'approche.
Non, ce n'est pas une histoire gentille.
L'Éducation nationale ne cite pas Clément Oubrerie dans ses "quelques ressources pour les professeurs" (trop récent ?). Il y a bien le film de Louis Malle, qui date de 1960, donc juste après la sortie littéraire, mais si on veut être complet, il peut être intéressant de mettre le nez dans une œuvre plus récente, sous un format différent, non ?


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